LE GUET, DIVORCE RELIGIEUX DANS LE JUDAISME
communiqué du grand rabbinat de France
Dans le judaïsme, le Guet est l'acte de divorce religieux.
Bien que n'encourageant pas le divorce, le judaïsme l'accepte et l'organise. La forme biblique est la remise d'un acte de répudiation par le mari, mais la forme actuelle revient, dans les faits, à un divorce par consentement mutuel, le mari remettant l'acte à sa femme, et celle ci l'acceptant.
Le problème le plus fréquent est que le mari refuse de donner le Guet à sa femme, voulant, soit lui nuire, soit faire ainsi pression sur elle pour régler à son avantage le partage patrimonial. C'est une forme de chantage. Parfois, le mari veut simplement rester lié un tant soit peu à son ex-épouse.
Les conséquences de ce refus sont très graves pour la femme:
Le trouble pour la femme est évident. Elle est ce que le judaïsme appelle une AGOUNA (pluriel: agounot)
L'une des solutions consisterait à développer la jurisprudence actuelle qui tend, en général, à condamner le mari qui refuse de donner le Guet pour contrainte morale. Les condamnations s'échelonnent de 100 000F à 200 000F :
Il n'est pas possible d'arguer d'une "obligation de faire" du mari, à comprendre comme l'obligation de faire cesser toute possibilité de contrainte morale sur son ex-épouse, et donc l'obligation de faire le Guet. En effet, d'une part, la Cour de Cassation rejette systématiquement cette interprétation pour non conforme à la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat, et d'autre part, ce serait un précédent fâcheux, dans un pays laïc comme le notre, que la Loi oblige à faire un acte religieux, s'immisçant par la même dans un domaine qui relève par nature de choix personnels.
Même la condamnation à astreinte par jour de retard est difficilement envisageable, car cela reviendrait à forcer (Guet Méoussé), ce qui invalide l'acte et ne sert donc à rien.
La solution consisterait à développer l'interprétation suivante, qui reste fidèle à la lettre et à 'esprit de notre Code civil.
Il n'est nul part spécifié que le divorce civil doit être fait avant le divorce religieux pour la bonne raison que ce texte a été pensé pour le catholicisme qui ne connaît pas de divorce religieux. C'est donc par une extrapolation à partir du mariage que l'on a déduit la loi pour le divorce.
Ce qui est clair, c'est que dans une situation de refus de délivrer le guet, le mari nie l'esprit de la Loi sur la laïcité, qui interdit de faire un mariage religieux avant le mariage civil.
En effet, en refusant de donner le Guet, c'est à dire de rompre totalement le mariage, il se trouve de facto marié religieusement et pas, ou plus, civilement. De plus, dans la volonté du législateur, le divorce civil doit constituer la clôture totale de tout lien marital, et dans l'hypothèse d'un mariage religieux, la législation devrait conditionner le prononcé du divorce à la résiliation du mariage religieux, lorsque cette résiliation est religieusement possible comme pour le judaïsme.