Les ablutions du matin
Le fait de se laver les mains le matin avant de marcher quatre coudées na aucun rapport avec lhygiène corporelle qui, elle, est exigée par ailleurs. Il sagit déliminer limpureté que le corps a contractée pendant son sommeil. Nous considérons, en effet, que le sommeil représente un soixantième de la mort, qui est, elle-même, la source suprême d'impureté. Au réveil, lorsque le corps reprend vie, il échappe aux forces de limpureté qui lentouraient jusqualors. Cependant, cette impureté reste sur les mains tant que lon n'a pas procédé aux ablutions rituelles. Il se peut, de plus, que les mains soient entrées en contact pendant la nuit avec l'une des parties habituellement cachées du corps, ce qui nécessite obligatoirement un lavage des mains avant de prononcer le nom de D.ieu.
Les ablutions avant le repas ont été instituées, tout comme celles du matin, pour une raison de pureté. Leur institution sest faite en deux étapes. Le Roi Salomon, de mémoire bénie, a décrété des ablutions obligatoires pour les Cohanim -prêtres- qui consommaient les sacrifices offerts au Temple. Plus tard, afin que le caractère obligatoire de ces ablutions ne soit pas oublié, Hillel a décrété (1) pour tous un statut dimpureté sur les mains, car nul ne peut certifier que ses mains sont pures. Ainsi, la purification des mains est devenue systématique avant le repas, quil sagisse de sacrifices, de Terouma (2) ou daliments ordinaires. Cette exigence n'a été fixée que pour la consommation du pain, car c'est justement à l'état de pain que la Terouma était généralement consommée, le pain étant l'élément principal de notre nourriture.
Aujourdhui, bien que le Temple nexiste plus et que la Terouma ne puisse plus être consommée, le décret rabbinique des ablutions avant le repas na pas été aboli, et ceci pour plusieurs raisons, notamment le fait que le service des Cohanim recommencera avec la reconstruction du Temple lors de la venue du Messie.
Ainsi, le lavage des mains nous offre la possibilité de vivre déjà à lheure de la délivrance dans un esprit de sainteté et de pureté tel que celui qui enveloppera le troisième Temple très bientôt.
(1) A lépoque de la Michna (vers le IIe siècle). Cette institution fait partie des 18 décrets rabbiniques dont parle le Talmud dans le traité Chabbat. (retour
au texte)
(2) Prélèvement des récoltes et des fruits que lon devait donner au cohen et que ce dernier devait manger en état de pureté.(retour au texte)
CDR Mikhaël Touitou, D'après Michna Beroura
Texte publié avec l'aimable autorisation de
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