Bonjour,

Je me permet de revenir en contact avec vous. En réfléchissant au problème je trouve que la religion et le handicap ne sont pas compatibles.

Je m'explique sur un exemple régulier, chabbath, où théoriquement on ne doit pas porter. Comment peut on faire dans la mesure où je ne peux rien faire seule.

Autre chose, je ne peux pas pousser mon fauteuil seule pour me rendre à la synagogue; si on ne me pousse pas j'y vais comment ?

Si vous pouviez me l'expliquer, ça fait un bon moment que ça m'intrigue.

 

Bonjour Madame,

Contrairement à ce que vous pensez, la religion et le handicap sont compatibles, car la Tora prend en compte les possibilités physiques et intellectuelles de chacun. Ainsi, si quelqu'un ne peut pas faire quelque chose du fait d'un handicap, il en est tout simplement dispensé, sans la moindre "pénalité". Ainsi, par exemple, quelqu'un qui se casse une jambe et ne peut se déplacer du fait de son plâtre, n'a aucune obligation, le chabbat, de traverser la ville pour aller à la synagogue.

De plus, chaque situation est à examiner au cas par cas. Le même handicap a des conséquences différentes selon les personnes. Untel à des escaliers à franchir et Untel pas, Untel a quelqu'un pour l'aider et Untel pas...

Quant à l'usage du fauteuil roulant dans la rue le chabbat, il est interdit dans une ville où il est interdit de porter. Ceci est la loi. Pour la commenter, permettez-moi les points suivants: Certaines lois sont plus difficiles à respecter que d'autres. Pour les uns c'est manger cacher qui est difficile, pour les autres c'est ne pas porter qui est difficile, alors que pour d'autres encore, par exemple, il est difficile de ce concentrer pour prier avec ferveur.

Dans certaines villes ou quartier on a le droit de porter le chabbat. C'est le cas, en principe de toutes les villes en Israël, de certains quartiers de Anvers, Strasbourg, Reims et Metz. Dans ces villes un handicapé peut sortir en fauteuil roulant.

Une femme n'a pas d'obligation de se rendre à la synagogue pour y prier. A plus forte raison si elle ne le peut pas. Je connais personnellement deux personnes handicapées pratiquantes, des hommes. Pour chabbat, ils organisent chez eux un office. Ils n'en on certes pas l'obligation, mais c'est leur solution pour ne pas se couper de la communauté. Chez une femme, à la place d'un office qui est peut-être difficile à organiser, on peut réaliser d'autres activités comme des cours ou des réunions d'amies dans le cadre d'une de nos excellentes associations communautaires.

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Rabbin Pierre Yves Bauer