Monsieur le Rabbin.
J'ai dans mon service un patient israelite qui est en phase terminale avancée. Nous ne savons pas ce que nous devons faire quand le moment de son départ sera venu. Pouvez-vous me dire quels sont les gestes à faire ou ne pas faire. Cela est très urgent et me tient particulierement à coeur car nous avons tous les deux lié des liens d'amitié.
Recevez, Monsieur, mes sincères salutations.
Bonsoir Monsieur,
Chaque instant
de vie ayant un caractère sacré, rien ne doit être fait qui risque de précipiter
la fin d'un agonisant. Des prières sont récitées pour lui faciliter son passage
de notre monde au monde de l'éternité.
Dès que la mort
est constatée, on ferme les yeux du défunt, on le recouvre complètement d'un
drap (même le visage) et on l'allonge sur le dos, les bras le long du corps.
Dès ce moment, on fait attention à manipuler le corps avec grand soin, et
à ne plus le découvrir (même, si possible, pour le déshabiller en préparation
à la toilette rituelle).
L'autopsie n'est
pas autorisée.
La famille, aussitôt prévenue organise, avec le rabbinat local, la veillée
du corps, sa toilette, et son enterrement.
La veillée consiste en la lecture de Psaumes 24 h sur 24, à côté du corps,
jusqu'à son enterrement. Cette présence , somme toute discrète, peut être
autorisée par la direction de l'hôpital.
On a l'habitude d'allumer, près du défunt, une bougie symbole du corps et
de l'âme.
La toilette mortuaire n'est pas faite par des membres de la famille, mais
par la "sainte confrérie" composée de membres de la communauté juive.
Au cours de cette toilette, le défunt est lavé rituellement, puis habillé
du seul linceul traditionnel, avant d'être placé dans son cercueil. La fermeture
du cercueil, proprement dite, se fait en présence de la famille proche et
de tous ceux qui souhaitent honorer le défunt.
Il est d'usage que l'hôpital permette la réalisation de cette toilette dans
ses locaux (dépositoire, salle d'autopsie ou autre).
Après l'enterrement, le deuil commence. Il peut, selon le degré de parenté avec le défunt, durer jusqu'à un an. Après la mort du corps, nous croyons en la survie de l'âme, à son jugement et à l'attribution de ce qu'elle mérite.
Il serait bien que vous puissiez prévenir le rabbin de votre ville. Il pourrait lui rendre visite et, en cas de décès, faire le nécessaire.
En attendant, si vous me donnez son nom je prierai pour la diminution de ses souffrances (normalement cette personne doit avoir un nom "hébreu", c'est lui, ainsi que celui de ses parents, qui est utilisé pour les prières).
Merci pour tout ce que vous faites.
A Bientôt
sur www.viejuive.com
Rabbin Pierre Yves Bauer