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L'histoire des synagogues de Strasbourg, c'est
l'histoire de la communauté la plus ancienne peut-être, et la plus mouvementée
d'Alsace.
De la première synagogue, située
rue des Juifs et disparue lors du massacre des Juifs en 1349, ne subsiste qu'une pierre
votive, déposée au Musée lorrain de Nancy Lors des travaux effectués à l'emplacement
de la librairie Istra, on a remis a jour un bain rituel du Moyen Age et un local qui
pourrait être une des synagogues de la première communauté strasbourgeoise. Entre 1821
et 1834, les Juifs revenus à Strasbourg utilisent comme lieu de prières, le Poêle des
Drapiers, ancien théâtre sous la Révolution, avant de transformer en synagogue le
couvent désaffecté du 14, rue Sainte- Hélène. En 1898, l'importance numérique de la
communauté exigea une synagogue à sa mesure Sur un terrain cédé par la ville, quai
Kleber, est édité le majestueux bâtiment néo-classique que détruira l'occupant
allemand en 1948. Cette synagogue sera remplacée en 1958 par celle de l'avenue de la Paix
après une période de 7 ou 8 ans au cours de laquelle la communauté avait transformé en
synagogue provisoire un local qui servait de réserve pour les accessoires du théâtre
après avoir été, avant la Réforme, un couvent de religieuses, puis une fonderie de
canons. En 1891 la communauté Etz Hayim, qui s'était séparée de la communauté
consistoriale, avait construit la synagogue de la rue Kageneck qui est la seule a avoir
survécu a la dernière guerre Les autres lieux de culte du Strasbourg d'avant guerre
n'étaient que des salles aménagées en oratoires et qui disparurent lors de
l'Occupation. Celui d'Adath Israël, rue du Marais Vert, fut récupéré, par son
propriétaire précédent, un hôtelier. Ceux de la Grand Rue et de la rue du Jeu des
Enfants ne furent plus restaurés, suite à la déportation de nombreux fidèles.
Parmi les lieux de culte actuels,
figure en premier lieu la synagogue de la Paix, synagogue centrale et siège du Grand
rabbinat et du consistoire, édifiées en 1958 Dans le même bâtiment se trouve
l'oratoire des jeunes ou "Mercaz", et la synagogue Léo Cohn, synagogue de rite
séfarade, située à l'emplacement de la salle de spectacle du centre communautaire et
transformée plus tard en lieu de culte définitif. Existent, en outre, la synagogue Etz
Haim, rue Kageneck, datant de 1891 et restaurée après la guerre, puis la synagogue de
Cronenbourg, construite dans les années soixante pour la communauté créée dans les
nouveaux quartiers.
La synagogue de la Meinau,
destinée aux Juifs des quartiers sud de la ville a, elle, repris les vitraux
de la synagogue de Barr tandis que l'oratoire de la rue Silberman devenait la
synagogue du quartier de l'allée de la Robertsau. L'oratoire de l'Esplanade,
baraque préfabriquée datant de 1975 environ, est remplacé aujourd'hui par une
belle synagogue définitive, destinée à une population en pleine croissance.
Dans cette dernière, a été réutilisée l'arche sainte de la synagogue de Mommenheim,
en provenance de Weiterswiller. L'oratoire de la clinique Adassa qui, avant
guerre, servait de lieu de prières pour les voisins de la clinique, sert aujourd'hui
surtout aux malades de la clinique. La synagogue Adath Israël, communauté de
rite hassidique (sefard), est située dans un ancien gymnase. Cette communauté
s'est retrouvée, après guerre, dans le même immeuble qu'elle occupait entre
1925 et 1935. Elle a repris l'arche sainte de la synagogue d'Osthoffen. Enfin,
l'oratoire de la Fondation Elisa, destiné aux pensionnaires de ' l'Hospice,
à Graffenstaden (Geispolskeim). Des institutions strasbourgeoises possèdent
leurs propres oratoires dont la Yechiva Eschel, la Yechiva des étudiants et
le Bet Loubavitch.