CARPENTRAS
Carpentras fut une des "quatre saintes communautés" du Comtat-Venaissin, et une des plus importantes communautés juives de France. Les juifs en furent expulsés en 1322, après l'attribution de la ville au Pape. Ils revinrent 12 ans plus tard, s'installèrent dans la "carrière" et fondèrent une communauté qui se développa rapidement.
Ils construisirent leur synagogue en 1367.
On comptait à Carpentras 45 familles juives au début du XVe siècle, mais après le massacre de 1459, au cours duquel 60 juifs périrent assassinés, les juifs vécurent dans une atmosphère moins oppressante, jusqu'au XVIe siècle. Leur situation empira alors, et ceci jusqu'au XVIIIe siècle. Toutefois, ils reçurent en 1741 l'autorisation de restaurer leur synagogue.
En 1779 ils voulurent l'agrandir, mais l'évêque leur reprocha de vouloir la bâtir plus haute que sa cathédrale La synagogue en son état actuel a été inaugurée en 1784. A cette époque vivaient à Carpentras environ 750 familles juives. Ils quittèrent Carpentras après la Révolution, et le nombre de juifs qui restèrent était infime par rapport à ce qu'il était au début du XVIIIe siècle. Les portes de la "carrière" furent abattues seulement en 1821 et en 1848.
La synagogue qui subsiste est classée monument historique. Elle garde intactes des dépendances uniques au monde, un bain rituel (mikvé) alimenté par une source naturelle, avec des bassins situés dans différentes chambres, véritable baignoire, avec chaudière et système de pompage. Il susbsite également une fabrique de pains, en parfait état, avec des fours et des tables de travail en pierre, les uns pour le pain quotidien ou celui du Shabbat, les autres pour la fabrication du pain azyme de Pessah.
L'une des tables porte en caractères hébraïques, le nom de son donateur, Gad de Digne, 1552. Les leviers de bois destinés à pétrir et aplatir la pâte sont intacts. Les pains azymes s'appelaient non matzoth comme dans le reste de la France, mais "'coudoles". Parmi les vestiges juifs de Carpentras, existe une porte fort curieuse, possédant une sculpture.
Le vieux cimetière est un lieu d'atmosphère incomparable et d'intense poésie, où l'on retrouve tous les noms des grandes familles comtadines d'il y a 200 et 150 ans. Malheureusement, ce cimetière a connu une triste publicité lorsqu'il a été le théatre, en 1990, d'une profanation particulièrement douloureuse : un mort récemment enterré a été exhumé et a subi un simulacre d'empalement, profanation perpétrée par des skin-heads, nostalgiques et admirateurs du nazisme, condamnés en 1997.
La bibliothèque Inguimbertine contient un fonds hébraïque remarquable, le fonds Garsin Cavaillon. Le musée municipal expose également diverses pièces concernant l'histoire de la communauté. On rencontre dans la ville quelques rues à consonance juive, rue de la Vieille Juiverie, rue Naquet, rue Garsin-Cavaillon.
L'une des "quatre saintes communautés", celle de Cavaillon, est devenue musée au rdc et synagogue-musée au premier étage : son interêt est considérable. La synagogue municipale de Cavaillon n'est plus en activité.
Contrairement à Cavaillon, la communauté de Carpentras forte de plus de 200 âmes, entretient le culte dans sa synagogue dont elle reste propriétaire. Les fêtes solennelles y sont célébrées durant toute l'année hébraïque, y compris le Shabbat. Des manifestations culturelles sont organisées périodiquement donnant ainsi l'occasion de se réunir à tous les membres de la communauté du Nord-Vaucluse ou des départements limitrophes.
Des travaux de restauration sont actuellement programmés pour redonner à ce monument tout son lustre d'antan. La Jérusalem du Comtat est bien vivante.
A.C.I
Synagogue
Centre Communautaire
place Maurice Charretier
BP 190
84 206 Carpentras
Tel : 04 90 63 39 97
Fax : 04 90 34 69 72
Président : Amar Joseph
Cimetières :
montée Spartacus
Orange. 84 200
Route de Bedoin
Carpentras. 84 100